Blandine Legal Dornez s’est engagée à raconter aux lecteurs du Nénuphar,
ses souvenirs de jeunesse à Sainte-Geneviève, son village natal.

Juin, le mois où il fait enfin assez beau pour se balader dehors. C’est aussi le mois des concours de fin d’année scolaire. Et nous jouissons des randonnées avec l’école, que ce soit au parc Assiniboine ou à un musée quelconque. Je me souviens d’une année en particulier où nous devions apprendre des chansons pour un grand concours de chant qui avait lieu à Saint-Pierre. Des élèves de différentes paroisses s’y rendaient.

Comme j’étais une des élèves les plus courtes, j’étais toujours dans la première rangée. Pour le concert,
il nous fallait des souliers noirs. Maman, toujours ingénieuse quand il le fallait, se servit de la suie récupérée du dessous des ronds du poêle à bois
pour noircir mes petites bottes en caoutchouc lacées.

Il fallait aussi que nous ayons des rubans d'une certaine largeur dans les cheveux. Tout ce que ma mère avait comme ruban ne mesurait qu’un pouce de largeur. Durant la nuit, elle réussit à coudre quatre rubans ensemble pour en faire un de la largeur requise. J’en étais ravie!

Une fois rendue à Saint-Pierre, on m'a donné un petit banc pour que je puisse me placer parmi les plus grandes dans la dernière rangée. Je me sentais donc spéciale! Ce n’est que lorsque j’entendis mon père expliquer à maman qu’on m’avait placée là pour cacher mes petites bottes que j’ai compris.

Mais ça n’avait aucune importance, car nous avons remporté le premier prix du concours de chant. C’est tout ce qui comptait pour moi.

Il faut dire que, pour nous rendre à Saint-Pierre, nous devions monter dans un grand camion sans fenêtre qui servait à transporter du foin, des achats et parfois même des animaux. On y installait de grands bancs de chaque côté et ça faisait bien l’affaire.

Pour des enfants de Sainte-Geneviève, c’était vraiment quelque chose!

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