Blandine Legal Dornez s’est engagée à raconter aux lecteurs du Nénuphar,
ses souvenirs de jeunesse à Sainte-Geneviève, son village natal.

Nous voici en juillet. Deux mois sans école. Quand nous étions jeunes,
nous pouvions sortir du lit le matin plus ou moins quand nous le
voulions. Dès la première semaine du mois, nos frères attrapaient des
mouches à feu. Nous les mettions dans des vieux bocaux en nous
assurant de percer des trous dans les couvercles pour laisser passer l’air.
Nous nous endormions en regardant ces pauvres petits insectes mais,
chaque matin, ils étaient morts. Ça nous fascinait tellement de les voir
allumés.

 

Nous revenions tard le soir. Aucune lumière dehors en ces jours-là.
C’était facile de trouver la Grande Ourse ou de chercher d’autres étoiles
au firmament. Nous entendions les grenouilles chanter de loin de même
que les engoulevents bois-pourri (whip-poor-will) qui semblaient dire
« Va t’coucher! Va t’coucher! ». Nous espérions toujours voir une étoile
filante afin de pouvoir faire un souhait.

 

Nous étions plusieurs à jouer dehors, car les enfants des voisins se rassemblaient chez l’une ou l’autre des familles et nous nous amusions à peu de frais. Nos parents nous savaient en sécurité en pleine campagne. Naturellement, il y avait beaucoup de maringouins. Papa faisait un feu dans la cour loin de la maison. De temps en temps nous y déposions doucement un peu d’herbe verte. La fumée devenait alors épaisse et voilà. Ça marchait aussi pour nos pauvres bêtes. Les vaches et les chevaux s’approchaient du feu.

 

N’ayant pas de moustiquaires à nos fenêtres, il fallait les laisser fermées. Certains soirs, la chaleur devenait insupportable dans notre chambre. Nous apportions alors couvertes et oreillers pour coucher soit dans la grange à foin, soit dans le garage, etc. Papa nous avait même installé une grande tente une année et, malgré cela, ces damnés insectes nous y trouvaient. Il nous fallait dormir la tête sous les couvertures. Quand les nuits étaient froides, nous revenions parfois dans notre chambre sans faire de bruit pour ne pas réveiller nos parents.

 

Certains jours, nous jouions à la « madame ». Il y avait une petite clairière derrière la maison où nous trouvions beaucoup de roches dont nous nous servions pour faire des « murs et cloisons ». C’était une bonne place pour piqueniquer. Nous avions chacune une plus grosse roche qui nous servait de siège. Ma bonne maman nous préparait une petite collation et nous étions heureuses. Pas besoin de dessert, il y avait des fruits sauvages tout autour de notre « maison ». Comme breuvage, nous avions chacune un petit bocal de chocolat chaud.

 

Il y avait un gros arbre très vieux devant la maison d’un de nos voisins. Nous aimions monter dans ses branches. Là, nous lisions des vieilles revues qu’une voisine nous donnait. Dans une de ces revues, il y avait des photos des jumelles Dionne. Ça nous intéressait beaucoup.

 

Ce sont de bons souvenirs de ma jeunesse à Sainte-Geneviève!

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