Blandine Legal Dornez s’est engagée à raconter aux lecteurs du Nénuphar,
ses souvenirs de jeunesse à Sainte-Geneviève, son village natal.

Toujours occupés sur la ferme. Le début du mois de novembre était réservé aux travaux de boucherie. On tuait les gros porcs pour la viande. Chaque famille avait son tour et on s’entraidait. Dès la mort du cochon, les femmes recueillaient le sang pour en faire du boudin. Une fois la carcasse vidée, on ébouillantait l’animal pour faciliter la tâche d’enlever les poils. Les femmes faisaient des saucisses, des cretons, du pâté et de la tête fromagée. On ne perdait rien! Les garçons lavaient la vessie pour en faire un ballon une fois qu’elle serait sèche. On fabriquait du savon et de la lessive avec la graisse. On mettait la viande en conserve et on mettait le gras dans une saumure, afin de pouvoir déguster du bon lard salé en hiver.

Un certain 25 novembre, mes parents étaient partis veiller chez un voisin. Mon frère a invité un ami chez nous et nous avons décidé de faire de la tire Sainte-Catherine. On a donc mis tous les ingrédients requis à bouillir. Après dix minutes, on a laissé la tire refroidir sur une tôle à biscuits placée dans un grand plat rempli de neige. On attendait, mais la tire ne durcissait pas. On a remis la tire à bouillir une deuxième fois, puis encore une dernière fois, sans succès. Mon frère allait chercher de la neige chaque fois. On a alors décidé de manger la tire toujours molle avec des cuillères. C’était délicieux malgré tout. Une fois fini, on a tout nettoyé.
Le lendemain matin, mon père nous a demandé pourquoi la
poignée de porte était toute collante. Nous leur avons raconté
notre aventure et avons bien ri.

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