Présentation

Bonjour, je me présente, je suis un adulte diagnostiqué en 1995 du syndrome d’Asperger, par le Dʳ Laurent Mottron, une sommité dans la recherche sur les troubles envahissants du développement. Le syndrome d’Asperger a été récemment retiré du DSM-5* (la bible des psychologues pour le diagnostic de troubles psychiques de tout genre), pour devenir simplement un trouble du spectre de l’autisme. Cela a créé de la confusion, et le terme « trouble » en trouble plus d’un!

 

J’ai un frère qui est atteint de l’autisme « classique » avec retard cognitif. La terminologie change avec le temps, et certains termes médicaux du passé peuvent être considérés comme des insultes aujourd’hui. Il n'en demeure pas moins que la confusion la plus totale règne lorsque vient le temps de nommer des affections neurologiques.

 

Je fais toutefois partie d’une minorité de personnes autistes qui ont réussi à garder un emploi à temps plein, et qui peuvent donc jouir d’une meilleure qualité de vie. La plupart des personnes atteintes de ce syndrome sont incomprises et souvent rejetées par la société, ce qui les force à vivre en marge. Elles sont susceptibles par le fait même de souffrir d’autres affections, comme la dépression.

 

Qu’est-ce qui m’a aidé à m’en sortir? Un jeu de circonstances favorables? Le destin? Un bon entourage?

Pavillon de la paix, au Musée des beaux arts de Montréal - Photographie de Georges Huard, prise le 2017-12-17

C’est un mélange de tout cela. Je me souviens que ma mère, qui élevait seule ses quatre enfants, m'a dit un jour, découragée : « Ce que je ne peux pas t’enseigner, la vie te l’enseignera ». Pour une mère, avoir deux enfants sur le spectre est non seulement difficile, mais extrêmement exigeant. Sans compter qu’elle cumulait les emplois pour pallier le revenu manquant d’un père absent.

 

De mon côté, la résistance aux changements fut autant un avantage qu’un inconvénient. Nul dans les sports d’équipe, en raison d'un manque d’habiletés motrices courant chez les personnes appartenant au spectre de l’autisme, incapable de m’adapter à de nouvelles situations, il s’est trouvé des moments où une personne « normale » aurait été bouleversée. Plus tard, la vie s’est chargée de me rendre plus fort et de m’apprendre à accepter mes paradoxes et mes idiosyncrasies.

 

Au fil des mois, je vous parlerai de mon parcours de vie et vous présenterai certains aspects de mon vécu, de mes aventures dans le monde de la contre-culture et d’autres milieux marginaux dans lesquels j’ai pu me sentir accepté et valorisé. Bref, il s’agit de mon parcours dans la diversité humaine, dans toutes ses couleurs. Un milieu où mon syndrome n’avait pas de nom, car j’étais plutôt vu comme « bizarre », « original », « égocentrique », « narcissique », tous les mots de la psychopop de l’époque m’étaient appliqués par ces psychologues de salon, qui, à l’aide des livres à la mode du temps, pouvait diagnostiquer n’importe quoi.

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