Blandine Legal Dornez s’est engagée à raconter aux lecteurs du Nénuphar,
ses souvenirs de jeunesse à Sainte-Geneviève, son village natal.

 

Une année, la Croix-Rouge nous avait donné chacun un cadeau. J’avais eu une belle poupée en tissu. Elle n’a pas duré longtemps. Mes frères avaient coupé un peu le corps par curiosité et on a vu que ma poupée était remplie de papier journal. Mon frère avait reçu un ourson, mais avant la fin de la journée, l’ourson avait perdu une jambe. C’était la première fois que nous avions eu de vrais cadeaux.

Le matin de Noël, maman sonnait une cloche à vache pour nous réveiller, car la veille, nous nous étions couchés tard.

Dans l’arbre, de petits bonshommes en pain d’épice, tout enfarinés de sucre en poudre, portaient chacun nos noms. Le père Noël n’existait pas chez nous. Mais le petit Jésus envoyait des anges dans nos maisons.

 

Laissez-moi vous raconter un Noël dont je me souviens encore. Durant l’après-midi, nous étions en train de finir un casse-tête. De temps en temps, nous allions vérifier par la fenêtre si papa s’en revenait de l’étable. Et tout à coup, ma sœur me dit « Prends le balai! Moi, je me dépêche de faire la vaisselle. » Papa entre et me demande « C’est quoi ça, collé à ton bras? » Ho! Ho! c’était un morceau du casse-tête. Il monte à l’étage pour vérifier que les lits sont faits. Il descend en souriant et dit : « C’est Noël aujourd’hui, mais vous connaissez le règlement, le travail d’abord, les jeux après. » Maman nous avait préparé un bon repas et ce fut un très beau Noël. Les cadeaux se faisaient rares, mais nous étions tous heureux.

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